Publié le lundi 9 mars 2009

Réflexions du fauteuil : contre l’avortement, l’Église catholique persiste et signe

09 03 2009

L’Église catholique du Brésil a souligné la journée de la femme en excommuniant la mère et l’équipe médicale qui a précédé à un avortement sur une enfant de 9 ans tombée enceinte après avoir été violée par son beau-père.

La jeune fille s’est présentée à l’hôpital avec sa mère pour de violents maux de ventre. Les médecins ont alors découvert qu’elle était enceinte de jumeaux de 4 mois. La décision d’avorter a été prise rapidement, car la vie de la petite était en danger. Le beau-père a été a arrêté et a avoué avoir abusé de sa belle-fille depuis l’âge de 6 ans.

Au Brésil, l’avortement est permis suite à un viol ou quand la vie de la mère est en danger. Mais l’Église catholique juge que la loi de dieu doit primer sur celles des hommes. Le président Lula est intervenu pour faire changer la décision, mais la seule réponse qu’il a reçue lui est venue de Rome où le cardinal Battista Re, le préfet de la Congrégation des évêques, a maintenu la décision.

Vous demandez-vous si l’église a sévi contre le beau-père? Bien sûr que non, il n’a pas été excommunié, car il s’opposait à l’avortement et que le viol est un crime moins condamnable. C’est une décision facile à comprendre. Comment voulez-vous que des religieux qui abusent eux-mêmes des enfants partout en Amérique du Sud (en Afrique aussi parce que c’est devenu trop dangereux de le faire dans les pays occidentaux où ils sont sous surveillance) condamnent ceux qui font la même chose dans la vie civile?

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1 Commentaire :

Commentaire écrit le mardi 10 mars 2009 à 08:04:54 (lien)
TerribleNatacha

AMEN câlice !


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Réflexions du fauteuil : les PPP, Politique, Palabres et Privatisation

09 03 2009

Rien ne va plus dans le PPP du CHUM. L’Ordre des architectes souhaite que le gouvernement y mette fin au plus vite pour éviter la catastrophe. Des partenaires privés demandent au gouvernement des garanties financières, car ils n’arrivent pas à trouver le financement nécessaire auprès des banques. En plus, les coûts ont explosé à cause des nombreux délais à mettre le projet en marche. L’objectif des PPP est d’économiser de l’argent. C’est complètement raté, alors il faut tout arrêter et redéfinir le projet.

L’Ordre des architectes n’est pas le seul organisme à le remettre en question. Dans les derniers jours, les Médecins québécois pour le régime public et l’Association des économistes du Québec l’ont aussi fait. La crise économique révèle un problème que le gouvernement a minimisé depuis la création des PPP, les entreprises privées n’ont pas la solidité financière des états et leur confier des équipements aussi vitaux que ceux qui touchent à la santé de la population est probablement trop risqué. Par exemple, les actions de la société australienne Babcock and Brown, une des plus importantes associées d’Accès santé CHUM, ont été suspendues en bourse. Elle est virtuellement en faillite. Des compagnies qui gèrent des hôpitaux en PPP en Angleterre et en Espagne sont aussi en difficulté.

Le concept des PPP veut que les entreprises qui construisent les équipements publics en conservent la gestion pendant 30 ou 35 ans. Or, l’histoire récente nous indique qu’il peut y avoir de deux à trois récessions économiques pendant cette période. On ne parle pas de crises aussi profondes que celle que nous vivons actuellement, mais de périodes de ralentissement économique qui affectent quand même la santé financière des entreprises. Qui nous garantit que celles qui sont actuellement associées aux PPP en gestation au Québec seront encore là dans 10, 20 ou 30 ans? Si elles font faillite ou disparaissent, c’est le gouvernement qui devra ramasser les pots cassés et absorber leurs dettes. Pendant la durée des contrats, rien ne nous garantit que les privés aient les reins assez solides pour remplacer les équipements désuets ou en faire un entretien adéquat. Si le PPP en question est une autoroute et que le propriétaire néglige l’entretien parce qu’il manque d’argent, on peut toujours s’en accommoder. Mais s’il s’agit d’un hôpital, ça peut représenter un danger pour la santé des usagers. Sur une période de trente ans, c’est certain qu’il faudra changer tous les équipements technologiques au moins une fois et certains appareils médicaux coûtent des millions de dollars. La population ne doit pas être à la merci du privé pour les services essentiels. Je suis contre les PPP dans la santé. Je suis pour dans la construction des infrastructures civiles comme les routes et les ponts si on est capable d’en démontrer le bienfait.  

Finalement, l’Agence des PPP du Québec et ses fonctionnaires n’a pas encore acquis beaucoup d’expérience depuis sa création en 2005. Est-ce judicieux qu’elle se fasse la main sur deux des plus grands projets des dernières décennies en construisant ainsi deux hôpitaux de plus d’un milliard de dollars chacun? Il me semble qu’il serait plus sage d’attendre  de voir comment va se réaliser d’autres projets moins vitaux et moins chers comme la construction de la salle de concert de l’OSM ou des autoroutes 30 et 25.

Si on n’a pas les moyens comme société de se payer des hôpitaux, on est dans la merde. Ce n’est pas une raison pour les confier à n’importe qui. Cela en dit long sur l’état déplorable des finances publiques. Si on veut corriger le tir, il va falloir faire des changements radicaux dans nos priorités et notre façon de préparer l’avenir pour les prochaines générations.

La photo ci-dessus est tirée du site de l'Agence des partenariats public-privé du Québec. Voici le lien pour prendre connaissance des projets en cours:

http://www.ppp.gouv.qc.ca/index.asp